Sur le marché français, le design d’une voiture compte pour 30 % des motivations d’achat. Sur le segment B-SUV, auquel appartient le Hyundai Kona, ce chiffre monte jusqu’à 43 %. Pas étonnant, donc, que le nouveau venu s’affiche avec des traits pour le moins audacieux.

Les goûts et les couleurs

Plus la plastique d’un modèle est osée, plus elle est polarisante. Un constat vite vérifié avec le Kona (cousin du plus consensuel Kia Stonic), que l’on aime ou que l’on n’aime pas, sans demi-mesure. Je penche personnellement pour la deuxième option, mais vous connaissez la maxime : des goûts et des couleurs… Qu’importe, le petit SUV coréen a au moins le mérite de détonner dans le paysage automobile, surtout équipé d’une teinte biton Tangerine Comet/Phantom Black. Comprenez : une carrosserie orange métallisé assortie d’un toit noir contrastant. Ce dernier peut aussi s’associer à un bleu clair discutable ou un rouge profond du plus bel effet.

Les lignes du Hyundai sont quelque peu torturées : face avant très chargée, capot nervuré et arrière train rebondi contrastent avec une ligne de toi fuyante et des ailes aux galbes généreux. En bon crossover, le Kona se pare également d’une panoplie en plastique censée le faire passer pour un baroudeur. Je vous laisse seuls juges du résultat, mais l’idée d’avoir intégré les blocs optiques dans le prolongement des passages de roues en plastique est intéressante. Les porte-à-faux très courts donnent au Kona une silhouette très dynamique, bien campé sur ses roues de 17 ou 18 pouces. Sur le plus haut niveau de finition, l’éclairage est à LED à l’avant comme à l’arrière.

Une valise cabine, un sac à dos photo et une besace remplissent le coffre.

Le petit SUV affiche 1m82 de large, la valeur la plus haute de la catégorie, ce qui se traduit par un espace intérieur généreux où quatre adultes de taille moyenne pourront prendre place aisément. Les 361 l du coffre se situent quant à eux dans la moyenne du segment. C’est assez au quotidien, mais juste pour partir en vacances à plus de deux ou trois.

Blindé d’équipement

Sur Executive, le volant est chauffant.

Une fois le seuil de porte franchi, on ne sait plus où donner du regard. Hyundai semble avoir doté le Kona de tous les équipements possibles, à peu de choses près. On retrouve à bord l’affichage tête haute, le chargement à induction, la connectivité Apple Car Play et Mirror Link ou encore un système de démarrage sans clé. Bien sûr, tout dépendra du niveau de finition choisi entre l’entrée de gamme Intuitive, l’intermédiaire Edition #1 et le mieux équipé Executive. Au passage, le patronyme Edition #1 pour une finition qui n’est pas uniquement limitée au lancement du véhicule et qui est en fait une déclinaison pérenne dans la gamme, c’est un peu trompeur.

L’affichage tête haute fait partie des plus lumineux sur le marché. Il est réglable pour chacun y trouve son compte.

La qualité des assemblages est correcte et ne souffre pas la critique. En revanche, il ne faut pas s’attendre à des matériaux premiums dans l’habitacle. Les plastiques durs sont rois, même sur Executive, ce qui n’a rien d’étonnant vu le positionnement généraliste de la marque. De son côté, la sono signée de l’américain Krell est de série dès le deuxième niveau de finition. Elle est plutôt portée sur les basses mais elle constitue un bon compagnon de voyage pour jouer ses playlists préférées.

La sellerie cuir est réservée à la finition haute. Crédit photo : Hyundai

Crédit photo : Hyundai

A l’inverse de ce qui se pratique outre-Rhin, les options sont ici réduites au minimum. L’acheteur pourra choisir entre des peintures métallisées, le freinage d’urgence autonome (de série sur Exécutive) ou une roue de secours temporaire.

Les détails de finition contrastés sont uniquement disponibles en option, avec la teinte extérieure orange ou rouge.

Le GPS nous aura perdu deux fois dans les rues de Marseille. Le recalcul d’itinéraire n’est pas des plus rapides.

A l’aise sur route… Lisse

Aligner les kilomètres au volant du Kona n’est pas un calvaire, loin de là. Par contre, on aurait aimé que l’amortissement soit un peu plus typé confort. Quand le revêtement devient dégradé, on a vite fait de se retrouver secoué par la suspension assez sèche. Les jantes de 18 pouces chaussées en 235/45 de notre modèle d’essai n’aidaient sûrement pas dans la manœuvre, peut-être que les 17 pouces associées à des pneus au profil plus généreux de 215/55 permettraient de limiter un peu les chocs ressentis dans l’habitacle.

Ce que le Kona perd en confort, il le gagne par contre en précision de conduite. Le châssis est sain et ne prend pas trop de roulis malgré la garde au sol de 170 mm. La direction se montre assez consistante bien qu’elle ne transmette pas beaucoup d’information au conducteur. Pour autant, on n’a pas vraiment envie de chahuter le Kona, surtout lorsqu’il est équipé du 3-cylindres turbo essence 1.0 T-GDi de 120 ch. Ce dernier est suffisant mais il s’essouffle dans les tours et ses 171 Nm de couple n’en font pas un foudre de guerre. Comme il faut souvent le relancer, n’espérez pas descendre en dessous des 7 L/100 km en situation de conduite réelle. La boîte manuelle 6 rapports qui lui est attachée est en revanche très bien guidée et douce, un bon point en ville.

Un 4-cylindres turbo 1.6 de 177 ch est également disponible sur la finition haute Executive, associé d’office à une transmission intégrale et une boîte à double embrayage et 7 rapports. Mi-2018 arrivera un diesel 1.6 dispo en 115 et 136 ch. Mieux, la même année sera aussi lancée une version 100 % électrique du Kona, preuve que Hyundai se prépare doucement à l’électrification de sa gamme.

Bilan de l’essai Kona et gamme

Le Hyundai Kona est sans aucun doute un nouveau venu intéressant sur le segment B-SUV. Outre son design qui ne laisse pas indifférent, c’est par ses équipements très généreux qu’il se distingue. A l’aise sur la route, il ne faut toutefois pas trop en attendre de son 1.0 120 ch et composer avec une suspension ferme.

Il démarre à 21.400 € en finition Intuitive avec le 1.0 120 ch essence. De série, on retrouve déjà des jantes de 17 pouces, l’allumage automatique des feux et des essuie-glaces, la détection de fatigue du conducteur couplé à l’assistant de maintien de voie, le système multimédia 7 pouces avec caméra de recul, la clim automatique… La liste est longue ! Surtout que le prix moyen de catégorie est de 23.569 €, soit un écart de plus de 2.000 €.

L’Edition #1 réclame 1.500 € de plus (22.900 €) pour l’affichage tête haute, le système de démarrage sans clé, la recharge de smartphone par induction, l’écran de 8 pouces avec la navigation et le système audio Krell. C’est de loin le plus intéressant, étant donné le bond en équipements technologiques et l’impossibilité de commander ces équipements en option, séparément.

Tout en haut de la gamme, l’Executive est à réserver à ceux qui veulent absolument tous les équipements disponibles sur le Kona, dont une sellerie en cuir avec sièges chauffés et ventilés, les jantes de 18 pouces ou encore le freinage d’urgence autonome avec détection de piéton. C’est aussi la seule finition associable au bloc 1.6 177 ch doté de la transmission intégrale et de la boîte à double embrayage. Il vous en coutera alors 29.900 € (25.900 € avec le 1.0 120 ch 4×2 en boite manuelle).

Ce qu’il faut retenir du Hyundai Kona

Les plusLes moins
  • Très bien équipé
  • Boite de vitesse manuelle agréable
  • Tarifs avantageux pour la catégorie
  • Design chargé
  • Suspension ferme
  • Gros moteur uniquement sur finition haute

Modèles essayésPrix (hors options)
Logo HyundaiHyundai Kona 1.0 T-GDi 120 ch, finition Executive25.900 €