Attaqués par les crossovers et autres SUVs, les monospaces, en particulier les plus volumineux, souffrent. Ainsi, l’Espace (lire notre essai), pionnier du genre, s’est récemment « crossoverisé ». Mais la lutte au sein du segment des monospaces compacts est, elle, toujours intense. Le C-Max, arrivé en 2003, se présentait comme le plus dynamique. Une recette réussie, car il résiste brillamment aux assauts de ses concurrents aux dents longues que sont notamment les Citroën C4 Picasso et VW Touran. Grâce à une seconde génération aboutie (fin 2010), il est le premier monospace importé en France, devant le Touran, et la deuxième Ford la plus vendue chez nous, après la Fiesta (lire notre essai). C’est dire si Ford a soigneusement étudié son restylage, lui offrant notamment des moteurs plus efficients et toute une panoplie d’équipements technologiques.

essai Ford C-Max II restyle

Abcmoteur est allé vérifier les qualités de ce monospace en mettant le cap plein ouest, sur les routes de l’île de Ré !

Plus d’élégance et d’agressivité pour le C-Max

Jadis un peu effacé, puis manquant de finesse avec des optiques très (trop ?) généreuses avec le Kinetic design, le design Ford reprend la bonne mesure depuis le restylage de la Fiesta et l’adoption généralisée de cette calandre typée Aston Martin !

Ford C-Max II restyle

Adoptant la même recette que sa sœur Focus, le C-Max abandonne sa double calandre un peu grossière pour une nouvelle chromée et recentrée au sein de la face avant. Les phares avant se voient redessinés en étant légèrement plus petits, avec un graphisme interne assombri et plus moderne, quand les antibrouillards sont désormais rectangulaires et mieux intégrés. Si le capot est davantage nervuré qu’auparavant, le profil est toujours marqué par une ligne de toit et de vitrage plongeante, une nervure latérale englobant les poignées de porte jusqu’aux feux arrière et des passages de roues marqués. Tout cela suggère le dynamisme, quand un jonc chromé ajoute de l’élégance.

Ford C-Max II restyle avant Ford C-Max II restyle optique Ford C-Max II restyle profil Ford C-Max II restyle jante

A l’arrière, les modifications sont plus subtiles et restent réservées à la version 5 places ici présente. Les feux sont amoindris en partie basse et le graphisme intérieur est là aussi modernisé pour notamment affiner ces optiques. Le hayon est lui aussi légèrement remanié. Un design extérieur redynamisé et plus agréable, notamment avec notre nouvelle teinte Fashion Rouge Rush aux reflets orangés et des jantes 17 pouces !

Ford C-Max II restyle arriere Ford C-Max II restyle feu arriere

Un habitacle amélioré, mais à la finition toujours perfectible…

L’intérieur du C-Max a également bénéficié du même genre de révisions que sa sœur Focus. En premier lieu, c’est le grand écran tactile 8’’ du système multimédia SYNC2 qui se fait remarquer. Il a permis d’éliminer beaucoup de boutons qui constellaient la console centrale auparavant. Ce système découvert sur la Focus ST (lire notre essai) possède une synthèse vocale évoluée (en théorie, mais elle nous aura déçu cette fois…) vous permettant notamment de rechercher, en cette saison estivale, la plage ou la piscine la plus proche ! La navigation dans les menus est assez ergonomique avec l’habitude ; nous regretterons tout de même toujours le graphisme un peu daté. Si l’ergonomie est en progrès, nous déplorons que l’écran soit si « enfoncé » dans la planche de bord, sous cette disgracieuse casquette très plastique : l’ensemble, s’il protège des reflets, complique l’accès à l’écran en roulant… ce qui peut arriver !

Ford C-Max II restyle poste conduite

Le C-Max adopte l’ordinateur de bord très complet, le volant trois-branches et la façade de climatisation modernisés de la Focus. Cet habitacle est sinon doté d’une finition correcte en partie haute… et un peu basique en partie basse, avec des plastiques légers et un assemblage moyen ! Dommage… Du progrès donc en général, mais la planche de bord reste un peu envahissante. La dernière Mondeo s’est dotée d’une console plus sobre ; Ford est donc sur la bonne voie.

Ford C-Max II restyle ordinateur bord

Du côté des aspects pratiques, les passagers disposent de suffisamment nombreux rangements, avec notamment un bac compartimentable sous le levier de vitesses surélevé, un range-lunettes sur le plafonnier et un grand bac de rangement sous l’accoudoir central.

Ford C-Max II restyle rangement central Ford C-Max II restyle rangement accoudoir Ford C-Max II restyle rangement plafonnier

Deux passagers seront très à l’aise à l’arrière, malheureusement pas trois… Le siège central est en effet très étroit mais pour la bonne cause ! Il peut toujours se replier au sein du siège arrière droit. Les deux sièges peuvent ensuite se recentrer vers l’arrière et offrir un accueil princier ! Les parents seront contents de trouver des tablettes aviation, des pare-soleils intégrés dans les portes arrière et un miroir sous le rétroviseur intérieur pour surveiller leurs enfants turbulents…

Ford C-Max II restyle sieges avant Ford C-Max II restyle tablette Ford C-Max II restyle banquette Ford C-Max II restyle retroviseur enfant

Image de la montée en gamme du C-Max, Ford lui a offert un hayon électrique pouvant s’ouvrir depuis la console centrale, depuis la clé de contact, ou encore en passant le pied sous le bouclier sur notre version, comme chez BMW ! Son volume se situe dans la moyenne de la catégorie avec 471 l (le nouveau Volkswagen Touran 743 l (!) ; le Citroën C4 Picasso 537 l ; le BMW Série 2 Active Tourer 468 l).

Ford C-Max II restyle coffre

Le tour du propriétaire étant accompli, le bouton Start/Stop nous tend la main !

Dynamique et confortable : une belle synthèse.

Signe que Ford refuse l’idée d’un monospace « plan-plan », la position de conduite est agréable, et pas trop surélevée : Abcmoteur apprécie ! Notons que le siège conducteur se règle électriquement : encore un équipement venu du haut de gamme et assez rare me semble-t-il dans la catégorie… Démarrage, le 2.0 TDCi 150 s’ébroue… discrètement ! Si ils sont plus présents à froid, les claquements et vibrations du diesel restent contenus.

Ford C-Max II restyle conduite ville

En ville, notre auto de gabarit encore raisonnable, est agréable et confortable, avec une direction douce et précise et une visibilité périphérique correcte. Le diesel disponible et bien éduqué est allié à une partenaire de choix ! Oui, cette boite robotisée à double embrayage Powershift est assez onctueuse. Comme la boite DSG de Volkswagen, la Powershift est globalement typée éco en Drive, et peut vite tomber dans un sous-régime qui fait bourdonner le diesel. Néanmoins, elle semble moins excessive que la boite phare et se montre finalement plus douce au quotidien, bien qu’elle soit encore un peu brutale à froid. Notons que notre exemplaire présentait parfois de petits grésillements parasites à bas régime ; à surveiller. Dans ce milieu urbain, nous avons trouvé que l’Active Park Assist du C-Max, désormais capable de gérer les rangements en bataille en plus des créneaux, était un peu paresseux tant dans la détection de place que lors de la manœuvre ; le système VW, né en 2007 et sans cesse amélioré, garde une petite longueur d’avance ! La caméra de recul est, elle, efficace.

Ford C-Max II restyle dynamique ville

Mérite-t-il toujours le titre de monospace le plus dynamique ?

Sur route, le C-Max se montre précis et assez agile pour mériter son titre de monospace compact dynamique, bien que Ford se voit embêté sur son terrain par Peugeot depuis quelques années ! Il montre en tout cas un excellent compromis comportement-agilité-confort : le train avant est assez mordant, tandis que la suspension absorbe efficacement les irrégularités tout en contrôlant correctement le roulis. Dans ces conditions, notre configuration mécanique 2.0 TDCi 150 – boite Powershift, fait merveille. Avec son couple généreux de 370 Nm et ses 150 ch, nous avons largement de quoi affronter la route confortablement et disposer de bonnes reprises… Le moteur répond avec une vigueur et un certain caractère appréciables dès les bas régimes, s’alliant très bien à une boite montrant une bonne réactivité aux changements d’humeur du conducteur.

Ford C-Max II restyle dynamique-2

En haussant le rythme, on regrette que la direction électrique n’informe que très peu de l’adhérence de l’auto, quand un léger roulis finit par se faire sentir : de quoi vous rappeler que vous êtes au volant d’un monospace, même orienté plus dynamique : le centre de gravité a pris de la hauteur ! Dans ce contexte, le mode sport de la Powershift permet – un peu – plus de rétrogradages au freinage pour plus de frein moteur, et donne l’impression d’un accélérateur plus réactif : le moteur étant conservé plus haut dans les tours, dans sa bonne plage entre couple maxi (2 000 tr/min ) et puissance maxi (3 500 tr/min). La boite est assez rapide, même si elle n’égale ici pas les passages éclairs et limpides de la DSG concurrente… Cette Powershift est donc plus douce et un peu moins rapide, mais pas de quoi hurler au scandale, sur notre C-Max ! Ne pas hésiter cependant à parfois passer manuellement les rapports plus tôt, à mi-régime, le moteur ayant une allonge moyenne en s’essoufflant passé 4 000 tr/min. Notons ici que le freinage montrait quelques vibrations dans la pédale, encore peut-être un défaut isolé (usure suite aux essais presse ?) de notre modèle.

Ford C-Max II restyle dynamique-3 Ford C-Max II restyle dynamique-4 Ford C-Max II restyle conduite

Sur autoroute, notre monospace est très stable et toujours confortable : de quoi aligner les kilomètres ! L’insonorisation, fortement travaillée, en plus du traitement des vibrations, est d’un bon niveau, même si quelques bruits logiques de l’aérodynamique se font entendre.

Ford C-Max II restyle dynamique

Pour rendre les longs trajets plus agréables, le C-Max a fait le plein d’équipements. Notre modèle d’essai était alors équipé d’un avertisseur de franchissement de ligne plus correction du volant si besoin (dont la réactivité est configurable), de la surveillance des angles morts, d’un régulateur de vitesse adaptatif avec détection de collision et freinage automatique parfois un peu brutal et se déconnectant hélas sous 20 km/h (toujours en comparaison à BMW, certes premium…), ainsi que des phares bi-xénon directionnels et adaptatifs convaincants. Ajoutons, côté équipements, le freinage d’urgence automatisé Active City Stop, l’alerte de véhicule en approche Cross Traffic Alert, l’éclairage d’ambiance intérieur travaillé, le pare-brise, volant et les sièges chauffants, l’accès et démarrage mains-libres, le toit panoramique, …

La vidéo de l’essai

Découvrez de plus près le monospace compact à l’Ovale bleue :

Un monospace hautement recommandable

Finalement, ce C-Max s’avère être bien convaincant. Son design optimise son dynamisme, en étant aussi plus élégant ; son agrément de conduite est de haute volée pour la catégorie, quand l’amateur de technologies embarquées sera comblé… Reste une finition encore inégale, quand le tarif et la consommation trahissent le positionnement haut de gamme de notre version d’essai… 8,1 L en moyenne sur l’essai, comptez entre 5,5 et 7,8 L sur route, 7 L sur autoroute, et 8 L en ville.

Ford C-Max II restyle 3-4 arriere

Notre auto s’affiche à 31 000 €, et atteint 38 080 € dans notre version suréquipée (seules les palettes au volant manquent, incompatibles avec le régulateur de vitesse adaptatif, ou encore des jantes plus généreuses). Ne pas oublier le gros TDCi 170 Powershift, le petit 1.5 TDCi 120 ou encore les bonnes alternatives essence EcoBoost L3 1.0 125 ch et L4 1.5 150 ch.