Volkswagen a sa Golf, Porsche a sa 911 et BMW ? Sa Série 3 bien sûr ! Modèle « grand public » chouchouté par la marque à l’hélice, la Série 3 a vu l’an dernier se dissocier ses variantes coupé et cabriolet en Série 4, affirmant leur montée en gamme.

essai BMW Serie 4 Gran Coupe 435i

BMW sort cette forme de carrosserie assez inédite sur le segment des berlines familiales avec cette Série 4 Gran Coupé. Aussi, entre la classique Série 3 berline et le coupé Série 4, est-elle la fusion idéale des deux ? Après une rapide découverte sur les pistes du CERAM de Mortefontaine, Abcmoteur a eu la chance de faire davantage sa connaissance pendant quelques jours. Verdict ?

Un coupé ? Pas tout à fait !

Vue de loin, la Série 4 Gran Coupé (4,64 m de long, 1,83 m de large et 1,39 m de haut) semble bien peu se différencier de son frère Coupé. Elle adopte pourtant deux portes en plus… Vue de plus près, cette variante reprend les grandes lignes du design de la Série 3 en plus félin (largeur en hausse, hauteur réduite) et subtil. Nous retrouvons alors les traditionnels naseaux de la face avant, auxquels viennent s’embrasser les phares avant, pouvant être sur la Série 4 entièrement à leds. Les naseaux voient ensuite se former deux doubles nervures sur le long capot, pour plus de muscle.

BMW Serie 4 Gran Coupe 435i

Serie 4 Gran Coupe 435i

Le bouclier avant présente ici de généreuses entrées d’air, signe que notre version d’essai est équipée de la finition M Sport, voulue plus sportive. Vue de profil, nous remarquons l’ouïe latérale avant « Air Breather » qui, combinée aux ouvertures du bouclier avant « Air Curtain », fait gagner… 1 g de CO2 ! Une autre époque…

avant Serie 4 Gran Coupe 435i

calandre Serie 4 Gran Coupe 435i

Air Breather Serie 4 Gran Coupe 435i

Sinon, la voiture présente les traits caractéristiques BMW avec la ligne de force latérale qui structure la carrosserie mais aussi le fameux Pli Hofmeister du montant arrière en ajoutant une douce ligne de toit qui contribue à la silhouette fluide de la voiture.

porfil Serie 4 Gran Coupe 435i

aile ar BMW 435i Gran Coupe

aile av BMW 435i Gran Coupe

logo GranCoupe Serie 4 Gran Coupe 435i

L’arrière est ensuite lui-aussi identique au reste de la gamme ; présentant des feux plus effilés que la Série 3, qui s’associent aux voies élargies, cet arrière est superbe, plus félin et haut de gamme, une réussite. Notre version 435i M Sport s’équipe d’un bouclier plus sportif comme à l’avant, qui accueillent deux sorties d’échappement chromées, vivement que l’on démarre !

arriere Serie 4 Gran Coupe 435i

arriere Serie 4 GC 435i

poupe Serie 4 Gran Coupe 435i

Un habitacle élégant où il fait bon vivre …

Quatre portes sans encadrement… Grande classe ! Une fois à bord, la 435i Gran Coupé nous accueille dans un environnement de cuir et d’aluminium où trône le bel écran (8,8 pouces) multimédia de l’i-Drive. Le béhémiste habitué ne sera pas perturbé : la planche de bord est toujours légèrement orientée vers le conducteur et ergonomie et finition sont de haut niveau !

portiere Serie 4 Gran Coupe 435i

habitacle Serie 4 Gran Coupe 435i

ordinateur de bord Serie 4 Gran Coupe 435i

L’habitacle, identique à la gamme Série 4 et très similaire aux Série 3, est toujours bien plus finement dessiné que sur les Série 1 et 2 inférieures. Notre version d’essai était équipée du volant multifonction M, un brin vintage et très réussi. Il est ici assorti de palettes au volant. Ajoutons à cela le sélecteur moderne de la désormais célèbre BVA8 de la marque et une commande rotative de l’i-Drive dotée d’une surface tactile : vous pouvez, comme chez Audi, tracer les lettres de vos instructions !

interieur Serie 4 Gran Coupe 435i

volant M Serie 4 Gran Coupe 435i

boite auto Serie 4 Gran Coupe 435i

L’i-Drive, très critiqué par sa complexité à sa sortie en 2001 sur la Série 7 se révèle aujourd’hui plus ergonomique (par les touches de raccourcis notamment) et extrêmement réactif. Il faudra quand même toujours un temps de compréhension du système. Notons que notre système audio optionnel Harman Kardon décevait par des aigus trop prononcés et peu clairs.

L’intérieur est donc sans reproches, même si nous préférons une ambiance plus chaleureuse que notre cuir noir : les gris, beige et fauve sont à étudier !

poste de conduite Serie 4 Gran Coupe 435i

A l’arrière, la Série 4 Gran Coupé n’impose pas trop de concessions par rapport à la berline Série 3 ; espace aux jambes, largeur aux coudes, et garde au toit sont encore honorables. Le coffre est lui-aussi généreux avec 480 L, un volume comparable à la berline, et s’accompagne d’un hayon électrique Smart Opener, avec ouverture sans contact en passant son pied sous le pare-chocs.

banquette arriere Serie 4 Gran Coupe 435i

coffre Serie 4 Gran Coupe 435i

Six-cylindres et propulsion, cette 435i Gran Coupé est-elle encore une vraie BMW ?

Au démarrage, le son du six-cylindres nous chatouille les oreilles… En 2014, la conduite d’une BMW se savoure avec le sélecteur de mode de conduite. Aussi, moteur froid en ville, le mode Eco Pro est idéal. La direction est alors souple, la boite enchaine les rapports sans à-coups et n’est pas autant « Eco » qu’une DSG, tandis que l’accélérateur est doux comme un agneau ! Mode à privilégier si vous transportez un ministre. Les 306 ch sont alors sérieusement muselés pour la consommation, et la boite se met en « roue libre » dès que vous lâchez l’accélérateur, perturbant au début puis reposant ensuite.

ville Serie 4 Gran Coupe 435i

Si la circulation impose plus de réactivité, le mode Confort vous procurera une réponse plus spontanée de l’accélérateur et une boite plus alerte. Douce en roulement urbain, la 435i est aussi royale pour les manœuvres… Eh oui, sa direction active DirectDrive est peu démultipliée et évite de tricoter du volant dans ces moments-là. Mais ce n’est pas tout… Notre modèle d’essai était équipée d’une caméra de recul et surtout du système Suround View qui recrée une vision de la voiture vue du dessus à l’aide de caméras sous les rétros, et à l’arrière. Impossible alors d’abimer les jantes sur les trottoirs parisiens ! Se garer redevient un jeu d’enfant. En ville, nous remarquons toutefois vite le ressenti un peu « spongieux » et peu agréable de la pédale de frein.

ville Serie 4 GC 435i

Une fois sur autoroute, nous apprécions de pouvoir retrouver nombre d’informations sur l’affichage tête haute (vitesse, navigation), mais aussi de pouvoir faire défiler les stations de radio directement sur le pare-brise ! La zone morte au point milieu de la direction, typique de nombre de BMW est hélas toujours présente et impose au début des corrections de trajectoires dans sa voie d’autoroute ; dommage. Au moment de dépasser un camion, voyons ce que la voiture donne « pedal to the metal », comme disent nos amis britanniques… Eh bien, les 306 ch ne se font pas attendre ! Dès le mode normal, et encore plus en Sport et Sport+, la boite administre facilement un kickdown pour tomber deux ou trois rapports, nous gratifiant d’une généreuse poussée avec la mélodie (certes pas autant authentique et métallique que les anciens « atmo ») du six-cylindres !

roulage BMW Serie 4 Gran Coupe 435i

Plus dynamique que sportive…

Avec une BMW de 306 ch, difficile de résister à la tentation de lâcher les chevaux en vallée de Chevreuse, terrain de jeu bien connu de la presse auto pour tester les capacités des châssis… Hélas, nous sommes vite frustrés…

route Serie 4 GC 435i

Si le moteur marche très fort (0-100 km/h en 5,2 s), alors que la direction, la suspension pilotée plus ferme et l’accélérateur se révèlent idéalement calibrés en modes Sport et Sport +, nous sentons que la Série 4 Gran Coupé préfère les longues courbes aux virages serrés… Dans cette situation, son certain gabarit n’inspire pas complètement confiance et la direction électrique ne communique pas tout à fait assez sur l’adhérence, quand la voiture commence à gentiment sous-virer en excès d’optimisme, bien que son poids de 1 574 kg ne soit pas excessif.

BMW 435i Gran Coupe

Aussi, alors que BMW excellait dans des voitures très communicatives (l’époque des chantants six-cylindres atmosphériques et boites mécaniques fermes…), cette Série 4 semble ici être légèrement « filtrée », chose que nous pouvons certes pardonner à une voiture donc la vocation est plus typée « Grand Tourisme ».

departementale Serie 4 GC 435i

Même chose pour la merveilleuse boite automatique jusqu’alors : une fois le mode Sport ou Sport + activé (le DSC étant plus ou moins permissif selon le mode, pouvant laisser quelques libertés au train arrière dans les ronds-points…), et la boite sur « S », celle-ci ne rétrograde que très peu d’elle-même en entrée de virage et freinage appuyé ! De quoi garantir un brutal kick-down en sortie de virage, pour peu que vous n’ayez pas actionné les palettes pour garantir du frein-moteur…

BMW Serie 4 Gran Coupe

C’est d’autant plus dommage que la boite monte les rapports idéalement rapidement dans cette configuration « sport », avec l’à-coup et le « braaap » de l’échappement, participant aux sensations ! Notre jolie bavaroise est donc plus adaptée à une conduite dynamique que sportive …

Une jolie alternative à la Série 3

Cette Série 4 Gran Coupé s’adresse au final au cadre supérieur souhaitant se différencier par une ligne plus dynamique, une approche plus haut de gamme, et davantage de raffinement.

Serie 4 GC

Ce moteur 3.0 turbo est le seul six-cylindres essence de la gamme, un moteur prestigieux collant parfaitement au teint de la voiture, malheureusement sanctionné par un fort malus de 2 200 € chez nous pour la BVA8, au lieu de 3 600 € pour la BVM6 (de quoi amortir le surcoût de 2 200 € de cette excellente boite). Un raffinement mécanique qui se paie alors ; affichée au même tarif que le Coupé, le Gran Coupé s’affiche à 49 950 € en 435i (malus non inclus) et culmine à 71 390 € (!) dans notre finition M Sport suréquipée sachant qu’elle ne comprenait pas encore le régulateur de vitesse adaptatif optionnel, entre autres !

Serie 4 Gran Coupe

Idem à l’usage, la consommation moyenne de notre essai – il est vrai constitué de beaucoup de ville – en utilisant souvent le mode Eco Pro en urbain, était de 11,8 L/100 km. Dommage alors que la noblesse mécanique se paie désormais au prix fort chez BMW, la version 428i (4 cylindres turbo essence 2.0 245 ch) pouvant sinon être regardée pour conserver un bon agrément de conduite en diminuant la facture…

En analyse plus globale, nous pouvons voir que BMW a remisé une partie de son légendaire plaisir de conduire au placard, en vue de plus de confort et de toujours séduire davantage les Etats-Unis et la Chine, marchés de choix pour le haut de gamme… Nous le savons, BMW va voir arriver la traction sur la Série 2 Active Tourer, mais aussi sur les futures Série 1 et 2… BMW ne risque pas de rentrer dans le moule en perdant sa spécificité technique ? A suivre…

Vidéo de l’essai

Galerie photo