Cela fait un an que je vous le cache, je ne peux vivre davantage dans le mensonge. Voilà, cher lecteur, je roule en Allemande. Et non, je ne suis pas un « journaleux » à la solde des constructeurs germaniques, un vendu, un salaud… J’ai roulé français avant cela, d’abord avec la vieille 106 1.1 de papa/maman puis avec mon premier achat personnel, une Clio 4 Estate collaborateur, et cela peut très bien arriver de nouveau si un produit tricolore me fait de l’œil.

Mais je n’ai pas su résister à la tentation d’un gros plaisir, que beaucoup trouveraient déraisonnable en rapport de mon jeune âge (24 ans lors de la livraison). Evacuons vite cela, chacun fait bien ce qu’il veut de ce qu’il gagne !

Mercedes-GLA-4

Au moment de l’achat de la Clio, une Classe A d’occasion me faisait envie… mais j’ai voulu être raisonnable (et j’ai pensé à l’assurance). 14 mois plus tard, je succombe et franchis le pas. Je regarde d’abord les A en occasion récente mais le GLA me titille, effet nouveauté oblige. Les modèles de garage qui rentrent dans mon budget filent comme des petits pains sur la Centrale. Face à une proposition commerciale honnête (2.000 € de remise et carte-grise offerte), je me laisse tenter par du neuf.

C’était il y a un peu plus d’un an et je ne regrette pas cet achat dans la mesure où j’aime toujours autant ma voiture, à l’étoile valorisante. Mais autant le dire tout de suite, je suis déçu par l’expérience d’un premium… qui ne l’est pas du tout. Je ne parle pas de qualité (et encore…), mais quand on achète un blason (car oui il est question de cela, je ne le nie pas), on attend un service en conséquence. Et là, le compte n’y est pas.

Je suis conscient que je n’ai pas acheté une Classe S à 100.000 €. J’ai opté pour l’un des plus petits modèles de la marque… mais pour moi, cela reste une Mercedes, et un client de l’étoile, peu importe le modèle, devrait à mon goût être bichonné. Loin de moi l’idée d’être snob : un client de Renault doit aussi été traité avec soin (d’autant qu’un nouvel Espace coûte plus cher qu’un GLA), mais il faut reconnaître qu’on en espère davantage avec une marque luxueuse.

Mercedes-GLA-3

Cela commence par un vendeur qui ne pense pas à tout. Certes, le mien a bien compris que je savais ce que je voulais, à force d’avoir passé du temps sur le configurateur. La commande fût donc vite établie. Mais dans l’excitation on oublie des détails et c’est là que le vendeur n’est pas à son affaire. Exemple précis : chose toute bête, supprimer les monogrammes sur le hayon est gratuit mais n’est pas systématiquement proposé (à la vue du nombre de Classe A pack AMG qui ont un monogramme 180 CDI sur le coffre, je suis loin d’être isolé). Coup de fil le lendemain, il est encore temps d’ajouter cela.

Ayant profité d’une « opportunité », le délai de livraison est riquiqui : quatre semaines seulement (presque louche !). Le grand jour est alors arrivé. On me reçoit… sans attention particulière. Ne souhaitant pas un café, on me propose en échange un verre d’eau tiré de la bonbonne à coté. C’est la personne dédiée à la présentation de l’auto dans ses moindres détails qui s’occupe d’abord de moi. Très compétente et agréable (elle me confiera sa surprise de livrer du neuf à un si jeune homme). Puis une secrétaire fait les papiers. Et… c’est tout, circulez, au revoir.

Je n’attendais pas une cérémonie avec le maire de la commune et les confettis. Mais rien n’est venu spécialement agrémenter la remise de clés (avec d’ailleurs des portes-clés assez cheap). Quand plus tard je découvre sur le Twitter d’un collègue qu’il a reçu lors de la livraison de sa Skoda une bouteille de champagne, je l’ai eu encore plus mauvaise.

Mercedes-GLA-2

Mais tout cela est évidemment vite oublié face à l’excitation de prendre les commandes de son premier véhicule neuf, qui plus est un premium. Aucune surprise au volant, cela reste un 136 ch diesel, mais c’est un vrai bonheur !

Au cours de l’hiver, quelques jours après m’avoir apporté une carte de vœux personnalisée de mon vendeur (délicate attention, enfin), le facteur sonne, un courrier avec accusé de réception à la main : un rappel pour une vérification dans les entrailles du moteur. Cela peut arriver, bien qu’étonné car j’ai un bloc connu chez Mercedes et pas spécialement récent (le 200 CDI). Dommage que dans le garage Mercedes où je me rends (qui n’est pas celui où j’ai acheté la voiture suite à un déménagement), on ne me prête pas de voiture gratuitement. C’est payant à la journée, même quand c’est pour un rappel…

Les mois passent sans encombre jusqu’à l’apparition de quelques grésillements de mobilier à divers endroits de l’habitacle. Voilà qui pour moi est… intolérable, tout simplement, dans une Mercedes. Que tel matériau soit dur, je m’en fiche un peu, mais pas des bruits de ce genre, vite agaçants. Ma Clio 4 avait une qualité de matériaux déplorable, mais au bout de 20.000 km, elle ne m’avait pas spécialement gratifié de bruits de mobilier.

Mercedes-GLA-1

La première année se termine avec la fameuse révision, celle où l’on s’allège d’une coquette somme (et encore, j’ai été plutôt agréablement surpris avec « seulement » 217 €, l’avantage d’un garage dans une petite ville) mais où on a l’impression que rien n’est spécialement fait pour justifier un tel prix. Mais ça encore, ce n’est pas vraiment propre à Mercedes. Une fois de plus, le service n’est pas premium (« on vous l’a lavé »… oui, chez Renault aussi on m’a lavé ma Clio au moment de la révision à 60 € et c’était mieux fait que ça).

Au final, tout n’est évidemment pas déception. J’aime le design de cette voiture, ses bonnes qualités routière ou encore sa conso contenue. Je ne regrette pas même si ce texte pourrait laisser croire le contraire.

Mais, trop naïf sûrement, je pensais qu’acheter une Mercedes, c’était rentrer dans un univers à part, accéder à quelques avantages… il n’en est rien. Le seul vrai avantage du premium dans mon cas, je pense le sentir au moment de la revente, où j’espère une décote bien moins importante que celle de ma Clio. Après si c’était à refaire, j’hésiterais. Une autre étoile pourrait me tenter, mais je ferai bien comprendre à mon vendeur que j’attendais mieux de la marque et que ça va jouer dans les négociations !