L’écotaxe étant dans l’impasse, la ministre de l’écologie a déclaré que ce sera aux sociétés d’autoroute de compenser le manque à gagner dû à la suppression de la taxe des poids lourds. Cependant, au-delà des déclarations, la réalité du terrain est autre.

Des sociétés d’autoroute en situation de rente

Ces derniers temps et plus particulièrement depuis que l’Autorité de la concurrence a mis le doigt dessus, les entreprises telles que Vinci Autoroutes ou APRR-Area sont le collimateur à cause d’une rentabilité « rentière » comprise entre 20 et 24 % à cause, en partie, de l’augmentation continue des tarifs des péages et ce, au-dessus du niveau de l’inflation.

panneau distance ville autoroute

Ségolène Royal n’y est pas allé par quatre chemins : « Il y a 20 % de tarif en trop, puisque quand une autoroute fait payer 100 euros, il y a 20 euros de trop qui sont empochés. Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait une baisse des tarifs d’autoroutes de 10 %, avec une gratuité par exemple le week-end« . Les 10 % restants iraient aux « fonds d’investissement sur les infrastructures ». Elle tempère en disant que « tout ça est à discuter ». Puis, elle ajoute : « Souvent, je leur ai dit ‘pourquoi vous ne faites pas au moins les autoroutes gratuites le week-end, par exemple, ou aux heures de pointes ?’. Ça serait leur devoir ».

Face à ces déclarations, les usagers de la route ont sans doute cru que cela était trop beau. Partir en vacances le week-end, sans payer un centime en passant la barrière de péage ? Cette belle perspective a été amoindrie par le ministre des Finances. Michel Sapin a précisé que les contrats signés avec les exploitants du réseau autoroutier bloqueront cette gratuité…

L’Etat devra allonger la durée des concessions

Une information que les sociétés privées n’ont pas manqué de confirmer. Signés en 2004 avec l’Etat qui a privatisé les autoroutes, ces contrats indiquent qu’en cas de ponction supplémentaire sur les bénéfices, il doit y avoir compensation.

Ainsi, rendre nos belles routes sécurisées et rentabilisées plus d’une fois gratuites les samedi et dimanche reviendrait à augmenter les prix des péages – déjà à un niveau indécent ! – les autres jours ou bien allonger la durée de la concession du réseau à ces entreprises.

En somme, il semble bien que l’affaire soit mal engagée pour nous automobilistes… Dommage, car les autoroutes sont plus sûres que les nationales et départementales. Les jeunes conducteurs dont les finances ne sont pas extensibles auraient été les premiers à bénéficier de cette avancée pour leur sécurité.