Depuis l’apparition des premiers régulateurs de vitesse au début des années 2000 – et leurs « bugs » comme celui de la Renault Vel Satis bloquée sur l’A71 à 200 km/h –, le système s’est fiabilisé et répandu sur de nombreux modèles qui ne sont plus du segment haut de gamme. A bord de nos autos, on trouve maintenant des régulateurs, des limiteurs classiques et adaptatifs. Si ces outils sont reposants à l’usage pour le conducteur, quid de leur impact sur la sécurité routière ?

L’utilisation d’un régulateur de vitesse modifie-t-elle les réactions du conducteur ?

Les régulateurs et limitateurs de vitesse rendraient moins attentifs

Les régulateurs et limiteurs de vitesse rendraient moins attentifs

L’université de Strasbourg a donc réalisé une étude pour analyser le comportement des utilisateurs lorsque la vitesse est régulée automatiquement. Commandée par Vinci Autoroutes, ce test a été réalisé sur 90 personnes divisées en groupe de 30 conducteurs selon leur âge (18 – 30 ans, 40 – 50 ans et supérieur à 60 ans). C’est sur une portion de 120 km d’autoroute que ces hommes et femmes (en nombre égal) ont été confrontés à diverses situations sur leur trajet (travaux sur les voies, contrôle radar, gare de péage, accident, …).

Après un passage en revue des résultats, il s’avère que :

  • au bout d’une heure de conduite à 130 km/h, l’attention diminue de 25 %
  • les personnes prennent plus de risques dans leurs dépassements (temps plus élevé sur la voie de gauche, distances de sécurité raccourcies : – 5 % avant déboitement et – 10 % lors du rabattement, …)
  • contrôle du cap moins efficace
  • en moyenne une seconde de temps de réaction en plus, soit 40 m de plus avant de freiner à 130 km/h
  • la fréquence des épisodes de somnolence augmente (+ 25 % avec un régulateur et + 16 % avec un limiteur)

Par conséquent, la fatigue arrive plus vite et la somnolence aussi. Si l’usage d’une aide à la vitesse n’est pas à proscrire totalement, il y a des zones comme la circulation dense qui sont à éviter selon le professeur André Dufour qui a été à la tête de cette étude de comportements.

La généralisation (et sans doute l’obligation) des systèmes anti-collision doit-elle nous inquiéter ? La technologie qui nous assiste ne nous désert-elle pas en partie ?