Depuis quelques années déjà, en France, haut de gamme automobile ou automobile de luxe rime très souvent avec les marques germaniques : Audi, BMW, Mercedes ou encore Porsche…

Pourtant, la France a eu un réel patrimoine de véhicules haut de gamme. Mais depuis, nos marques françaises ont réessayé de revenir plusieurs fois sur le secteur.

Regardons cela en détails.

Citroën, histoire d’une renaissance difficilement réussie

Citroën a été la marque premium française, voire de luxe. Une marque qui a été leader surtout dans les années soixante. Une marque au prestige nettement supérieur face à la concurrence anglaise comme germanique, et sur un marché essentiellement européen.

Dans les années soixante-dix (ou septante pour nos amis belges), la marque fut rachetée par Peugeot (actuellement groupe PSA). Sous l’influence du groupe, la marque Citroën a, semble-t-il, été bridée dans ses ambitions de luxe et de développement. Mais depuis le début des années 2010, on remarque le revirement de la marque, grâce à la gamme DS, qui utilise ce patronyme prestigieux pour son blason premium.

citroen-ds-19-berline-1957

Bien joué !

logo ds citroen

Et le succès est au rendez vous! Entre DS3, DS4 et DS5, les modèles premium de la marque se vendent bien, et Citroën continue sur la lancée avec de prochains nouveaux modèles. Avec le temps, cette gamme pourra devenir le blason premium du groupe… Il faudra donc jouer serré, et être patient (il a fallu 30 ans à Audi pour réussir).

Dans la gamme d’aujourd’hui, il manque cependant une belle berline/routière et/ou surtout un SUV. Eh bien ce sera fait ! Car entre les concepts DS9 et DSX, on sait que Citroën va continuer sa marche vers ce marché premium.

Maintenant, il faut avoir une gamme “C” cohérente, qui ne piétinera pas sur les platebandes de la gamme DS. La gamme C doit pouvoir offrir une complémentaire à la gamme DS et aux autres véhicules sportifs du groupe.

Peugeot, une nouvelle gamme plus sportive

Peugeot a eu pendant de longues années une errance de gamme et de style. En effet, pendant un peu (trop) longtemps, la marque joue d’une guerre intestine dans son groupe avec sa seconde marque Citroën qui l’a amené dans une posture financière désagréable.

Peugeot a toujours eu une image plutôt sportive en France et nous a gratifiés, (malheureusement pas assez souvent,) de véhicule sportifs ou dynamiques.

Des voitures comme la 205 GTI, la 206 RC, la 309 GTi, la 405 T16 ou encore la 406 coupé. Peugeot a souvent fait l’erreur de vouloir concurrencer son “cousin”, en se positionnant sur les mêmes marchés que celui-ci pour des raisons obscures…

peugeot 405 t16

Pour le haut de gamme, avoir deux véhicules comme la 405-406/605 ou encore 407/607, voire les 806-807 (NDA : Arrêtez de commercialiser le 807 ! S’il vous plaît…) a trop longtemps été de monumentales erreurs. Peugeot se doit d’abandonner le marché du monospace, et monospace compact, et laisser le marché à Citroën et ses modèles Picasso.

Après ces années d’errements, la marque a enfin daigné remplacer sa mythique 504 par une réussie 508. Ce véhicule supprime deux modèles pour n’en proposer qu’un seul, plus cohérent à l’histoire et la philosophie de la marque et du groupe.

peugeot-508

Aujourd’hui, il ne manquerait qu’une belle GT, comme une 508 Coupé, ou CC. Cependant, la marque préfère se centrer sur la RCZ, qui a plus ou moins remplacé, la 407 Coupé, boudée. Ce n’est pas une mauvaise idée… Surtout avec le nouveau porte-étendard ultra-sportif qu’est la RCZ-R (Par contre, l’appellation RCZ… 308 Coupé aurait été plus logique.)

L’avenir de Peugeot est donc logiquement dans des véhicules à tendance sportives, pas dans le luxe. Ce rôle doit être à Citroën. Il faut rester dans une complémentarité de modèles au sein du groupe.

Malgré ces points positifs, il y a une inquiétude à avoir : General Motors. En effet, le groupe américain a pris une part au sein du groupe français, et des projets de plateformes communes sont actuellement à l’ordre du jour. Attention à la perte d’identité, et au clonage abusif que fait preuve un peu trop souvent GM.

Renault, un leader sans porte étendard

Leader actuel de l’automobile française, Renault nous a présenté au dernier salon de Francfort, un concept inédit : Renault Initiale Paris.

renault-initiale-paris-concept

Depuis, quelques temps, des rumeurs courent sur le fait que Renault aimerait bien singer Citroën et leur gamme DS au succès réel par le biais d’une nouvelle gamme : Initiale Paris.
-Pour les personnes qui connaissent bien la marque, les Renault Initiale sont les versions luxe, des véhicules légers de la gamme.-

Deux griefs sur ce concept

Dans un premier temps, le design de ce concept : certes, ce véhicule est destiné à présenter plus ou moins le futur Espace. A ce niveau, on peut le trouver dynamique, voire séduisant. Mais il ressemble beaucoup à un ancien véhicule haut de gamme de Renault : l’Avantime. Malheureusement connue pour sa mévente, ou comme étant le véhicule de consolation de Renault à Matra, ou encore pour les quelques brèves années (2001-2003) de production.

Le jeu n’est-il pas un peu dangereux ? En général, on puise sur son passé à succès, pas l’inverse.

Et dans un second temps : le nom. Renault a eu dans son passé une gamme annexe spécifique et grand luxe. Tant qu’à puiser dans votre passé, utilisez le suffixe Stella…

Renault-Reinastella

Pour revenir au haut de gamme de la marque, actuellement elle est composée de :

– Renault Laguna : réussite, mais considérée comme fade, avec un restylage qui ne l’aide pas, et surtout qui ne l’intègre pas à la gamme actuelle. Elle semble abandonnée.

– Renault Laguna Coupé,  qui comme pour la berline, fait face à un style difficile, mariant beauté (Arrière d’Aston) et bizarrerie (à la bouche avant trop béante). Les ventes s’en sortent un peu mieux.

Renault Latitude : complètement absente, au design très fade et peu intégrée à la gamme. A l’image peu haut de gamme, au nom plat, alors que le véhicule, même si le véhicule a des origines coréennes, il aurait pu être très réussi. Pourquoi tant d’hésitation dans le style et la technologie ? Cela aurait pu être fait à moindre coût !
Un restylage l’intégrant à la gamme actuelle (Mégane/Scénic/Kangoo/Clio IV etc…) avec le 4RD, pourrait l’aider à se vendre un peu mieux.

– Renault Espace, superbe véhicule, mais qui devient complètement dépassé (2002 !).

Pour réinvestir le haut de gamme, Renault devra puiser dans son passé (certes maigre) et s’aider étroitement avec ses collaborateurs techniques et financiers que sont Nissan, Infiniti ou encore Mercedes.

Le haut de gamme de Renault pourra se faire part de belles berlines et routières (à l’instar de la Safrane), et non plus exclusivement par des monospaces et SUV, avec un fort partage technique afin de réduire au maximum les coûts de développement et de production.

Alpine, le bon choix ?

Il existe une marque sportive prestigieuse automobile française qu’est Alpine. Crée par un concessionnaire Renault, elle disparu il y a plus de dix ans, pour renaître en 2012 par le biais d’un prototype.

Renault-Alpine-concept

Le groupe Renault-Nissan fit le choix d’une alliance extérieure avec la marque Caterham. Le choix est-il judicieux ? En effet, le groupe comporte déjà des voitures à l’image forte, sportive grâce à Nissan (350Z ou GT-R). Ou encore, il a fait le choix de partenariats avec un groupe puissant allemand : Daimler-Benz, propriétaire de Mercedes, et de sa filiale ultra-sportive AMG.
Pourquoi ne pas utiliser ces filiales ?

Nous verrons ce que nous donnera cette alliance à la sortie du nouveau modèle. Par contre, il faudrait construire une gamme cohérente.

Bugatti, la marque franco-germanique

Bugatti est l’une des marques les plus prestigieuses au monde et fait partie du groupe VAG (Volkswagen ) depuis 1998. Elle se dote d’un unique modèle qu’est la Veyron : une ultra-sportive de plus de 1 000ch, détentrice de nombreux records.

bugatti veyron

Cependant, la marque manque d’une vraie gamme et cherche à développer une limousine prestigieuse. Elle essaie de puiser dans son passé, mais cela ne semble pas suffire pour contrer les modèles concurrents. Il faudrait que la marque puisse s’inspirer technologiquement et structurellement de l’une des marques du groupe : Audi. En effet, Audi est la marque qui fonctionne bien aujourd’hui grâce à un marketing puissant, et à des designs conservateurs mais modernes.

Bugatti doit s’étoffer d’une gamme de deux à trois modèles, entre ultra-sportive, limousine et routière puissante et accessible pour satisfaire un plus grand nombre et surtout singer RollsRoyce ou Bentley (sans concurrencer cette dernière marque qui fait partie du même groupe).

L’arrivée de la Galibier ne sera malheureusement pas complémentaire, et remplacera la Veyron pour proposer une nouvelle fois, un seul véhicule. Le début de la fin ?

bugatti-16c-galibier-concept-royale

Conclusion

L’industrie automobile ne va pas très bien en général. Cependant, les marques de luxe se portent excellemment bien ! Et cela, les marques françaises l’ont bien comprises. Certaines font les bons choix, d’autres nous laissent perplexes. Espérons que cette branche « salutaire » et un meilleur choix des complémentarités de choix de modèles et de marques permettront une réussite des projets à venir.

Je vous laisse seul juge, et je retourne à l’analyse de nos marques.