Vous allez penser qu’Abcmoteur est actuellement dans une période de « Citroën bashing ». Après notre remise en questions de la C4 Cactus (lire : Le Citroën C4 Cactus sur la route du flop ?), nous nous interrogeons sur la marque dans sa globalité. Mais de l’un a découlé l’autre.

Au mieux il y a encore quelques années

La situation de la voiture anti superflu lancée en 2014, semblant un peu à la peine, reflète la période trouble dans laquelle est plongée Citroën. Voilà qui peut apparaitre étonnant, la marque étant encore il y a peu dans une très bonne dynamique. Mais c’est justement cette belle forme qui a poussé la marque dans une position inconfortable !

Le Citroën C4 Cactus (lire notre essai)

Le Citroën C4 Cactus (lire notre essai)

Au début des années 2000, la marque avait, pour faire simple, une image de « voitures de vieux ». Les produits ne faisaient pas rêver. Le renouveau a commencé en 2002 avec une C3 au design sympathique. Mais c’est l’arrivée de la C4 qui a vraiment fait basculer Citroën dans le 21ème siècle, avec un style moderne et des innovations technologiques (volant à moyeu fixe, alerte de franchissement de ligne…).

Sans DS, Citroën est de nouveau perdu

Voilà Citroën dans la bonne direction. Les chevrons montent, montent, montent, se sentent pousser des ailes et deviennent, à raison, très ambitieux. Avec en point d’orgue de cette jolie envolée le lancement de la DS3. Citroën ose s’aventurer dans le premium avec une gamme complète de modèles ! Et c’est justement cet enfant qui va causer du tord à Citroën.

La DS 3 Cabrio restylée (lire notre essai)

La DS 3 Cabrio restylée (lire notre essai)

Non pas en termes de volumes de vente ou d’image, bien au contraire. Mais les DS font de l’ombre au reste de la gamme. Surtout, l’idée d’en faire une vraie marque émerge rapidement. Si le processus était déjà enclenché, Carlos Tavares, le nouveau PDG de PSA, va l’accélérer lors de son arrivée, conscient de la pépite qu’il a entre les mains. Un label qui pourrait devenir d’ici quelques années (au moins une vingtaine, il en est conscient), l’équivalent français d’Audi !

Trouver un nouveau positionnement

Souci : Carlos Tavares, sans être un cost-killer comme Carlos Ghosn, veut que PSA soit le plus rationnel possible. A chaque marque un positionnement pour occuper un secteur du marché. DS sera donc l’Audi français, Peugeot le Volkswagen tricolore, avec des produits sobres et soignés. Mais alors, que faire de Citroën ?

Voilà la grande question qui se pose actuellement. La solution semblait trouvée. Les chevrons devaient redescendre en gamme, pour proposer des voitures moins chères. Attention, pas question de faire dans le low-cost et rivaliser avec Dacia. L’idée de départ de ce re-renouveau est plutôt de revenir aux valeurs fondamentales de Citroën. Quand on pense à Citroën, on pense 2 CV, Mehari… Autrement dit, des véhicules populaires, abordables, mais pas désuets. C’est d’ailleurs ce qui a amené à la conception du C4 Cactus, un véhicule au design rondouillard, avec des innovations vraiment utiles (comme les Airbump).

Les Chinois ont leur mot à dire

Problème : Paris n’est plus le seul décideur. Pour se sauver d’une mauvaise passe financière, PSA s’est tourné vers l’Etat et vers le chinois Dongfeng, qui a pris quasiment 14 % des parts du groupe. Il a donc son mot à dire. Et pour lui, c’est clair : hors de question que Citroën descende en gamme.

Pourquoi ? Parce que le français écoule 25 % de sa production dans l’Empire du Milieu et Dongfeng ne veut pas que Citroën ait une image au rabais. Si les clients chinois aiment les produits européens, c’est pour montrer une certaine réussite sociale. Ce n’est pas la seule raison. En Chine, la marque DS est associée à un autre constructeur chinois, rival de Dongfeng ! Ce dernier ne veut ainsi pas se retrouver avec une marque française basique. Exemple précis : alors que la C5 semblait condamnée pour laisser la place aux 508 et à une future berline DS, Dongfeng souhaite qu’elle soit renouvelée.

La Citroën C5 CrossTourer

La Citroën C5 CrossTourer

Vers une gamme à deux visages

Que faire alors ? Citroën ne semble pas encore vraiment avoir la réponse. On se dit que la marque va analyser les retours du C4 Cactus pour voir si le concept est transposable à d’autres échelles. Citroën devrait avoir une gamme un peu bancale, mélangeant produits décalés et autos très conventionnelles, en clair moitié goûts européens, moitié goûts chinois… mais avec des produits globaux…

Finalement, ce ne serait pas une première pour les chevrons ! Dans les années 50, la marque faisait côtoyer dans ses points de vente la fameuse 2 CV avec la première DS, véritable symbole du luxe auto à la française, pleine d’innovations technologiques. Plus proche de nous, et moins « marquantes » il est vrai, la citadine basique Visa existait en même temps que la CX ! Citroën montre donc souvent deux visages… et cela semble parti pour se répéter.

Où sont les nouveautés ?

C’est aussi peut-être cela être populaire : savoir s’adresser à toutes les catégories de la population. Il faut juste maintenant que la marque se décide et accélère le renouvellement de sa gamme. Les nouveautés manquent, surtout face à un Renault en très grande forme (lire : Renault : 100 jours qui vont compter). Rien n’a été présenté depuis mars 2014, à part quelques bricoles et des concepts. On espère découvrir la nouvelle C3 d’ici la fin d’année… même si pour l’instant, aucun prototype n’a été aperçu.