Le 86ème Salon de Genève vient de refermer ses portes, avec une source de satisfaction pour ses organisateurs : un bon bilan de fréquentation. 687.000 personnes ont foulé les allées du show Suisse, un score stable par rapport à la précédente édition. Une preuve supplémentaire de l’intérêt que porte le grand public à l’automobile, et notamment les Français, puisque près d’un tiers des visiteurs venait de l’Hexagone.

Les absences se multiplient

Les passionnés tricolores se donnent à présent rendez-vous à la rentrée au Mondial de l’Automobile, grande fête internationale de la voiture. C’est le Salon le plus visité au monde, presque un comble quand on sait que notre pays est gouverné par des personnalités politiques en majorité « autophobes ».

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La prochaine édition du Mondial pourrait avoir un mauvais arrière-goût. Certains visiteurs devraient être déçus par l’absence de plusieurs marques, et pas des moindres. L’une des plus remarquées sera celle de Ford, qui occupait un grand coin du Hall 1. Volvo passera également son tour. Du côté du Hall 2, antre des constructeurs asiatiques, Mazda se pose actuellement la question sur sa venue.

Les raisons expliquant ces absences tendent vers les mêmes objectifs : faire des économies et proposer d’autres événements pour aller à la rencontre de la clientèle. Volvo avait ainsi été précurseur, en expliquant en 2014 qu’il modifiait sa stratégie. Le Suédois se concentre désormais sur un événement par an et par continent. Pour l’Europe, c’est donc Genève (où l’on vient de découvrir les S90 et V90).

Petits événements de proximité à la place

De son côté, Ford, peut-être lassé par les manifestations de ses employés français sur son stand, a annoncé fin décembre qu’à la place du Mondial, non accessible à toute la population, il proposera en 2016 « une série d’événements dans les principales grandes villes françaises ». Une façon de mieux couvrir le territoire. L’énorme budget alloué à sa présence au Salon de Paris sera réinjecté dans des campagnes de communication. Ford compte aussi faire parler de lui à d’autres endroits plus stratégiques, comme les 24 Heures du Mans en juin.

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Les absences dans les Salons ne sont pas nouvelles. Déjà, lors de la crise de 2009, des constructeurs avaient rayé certains rendez-vous de leur planning. Nissan avait par exemple raté le Salon de Francfort. Cependant, on ne peut que constater qu’elles sont de plus en plus nombreuses. Genève était jusqu’à présent épargné. Mais cette année, Mini a déclaré forfait. Plutôt étonnant pour une marque qui n’avait pas encore lancé en Europe sa dernière nouveauté, le Cabriolet de 3ème génération.

Le début d’un cercle vicieux ?

Vient alors la crainte de voir ces absences ponctuelles s’additionner sur un même Salon pour donner lieu à des éditions à trous, avec la possibilité extrême de tomber dans un cercle vicieux : programme moins intéressant, moins de visiteurs, constructeurs présents peu satisfaits de l’investissement, nouvelles absences…

Les visiteurs sont très sensibles à la qualité du programme. Certains sont même prêts à payer un billet d’entrée uniquement pour voir leur marque favorite. Les organisateurs du Mondial de l’Automobile doivent par exemple croiser les doigts pour que Renault réserve un stand à Alpine.

Volvo Cars - Salon de Genève 2016

La marque au A fléché a déjà raté Genève, ne souhaitant y exposer son concept Vision. Il est vrai qu’un stand avec un seul show-car, non disponible à la commande, aurait presque été contre-productif.

Mais la firme a plus largement expliqué que sa place n’était pas dans les Salons, sa clientèle préférant découvrir la nouvelle Berlinette en extérieur, dans un cadre de passionnés. On espère que la version de série ne snobera pas le grand public au Mondial. Alpine pourrait envoyer un très mauvais message avec une telle décision.

Les « grands » Salons concurrencés par les « moyens »

Autre souci pour les Salons, la liste des grandes premières a de plus en plus tendance à nous laisser sur notre faim, pour une raison simple : certains constructeurs délaissent les rendez-vous historiques pour des show qui montent en puissance sur des marchés moins saturés.

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Exemples les plus parlants : Pékin et Shanghai en Chine, qui se déroulent en alternance en avril, un mois après Genève. Plusieurs nouveautés sont ainsi gardées au chaud jusqu’à ce rendez-vous. Il en est de même à l’automne, avec Los Angeles qui concurrence Paris et Francfort.

Absences répétées, nouveautés qui préfèrent se faire désirer, volonté de ne pas être noyé dans une masse : les Salons que l’on pensait incontournables commencent à trembler. Mais il n’est pas encore question de les voir tomber à l’eau. Ces événements restent un lieu privilégié et apprécié pour faire connaître les nouveaux modèles (ce qui permet d’ailleurs de retenir une clientèle en phase de renouvellement) et gagner en capital sympathie avec l’aspect rêve des concepts, voitures de compétition ou modèles plus sportifs totalement absents des concessions.

Opel Mokka X