Voilà des mois que l’on en parle. Cette fois, c’est fait : des voitures « flasheuses » vont sillonner les routes avec à leur volant, non pas des représentants des forces de l’ordre, mais le salarié d’une entreprise privée. Des tests ont été menés ces derniers mois, mais à partir d’aujourd’hui, les conducteurs en excès de vitesse recevront chez eux un avis de contravention !

Le nombre de PV va exploser

La mise en service se fait à un moment des plus symboliques, soit quelques semaines avant la baisse de la limitation de vitesse sur les routes secondaires, de 90 à 80 km/h. De plus, elle a lieu pendant les vacances de printemps, qui seront suivies par les week-ends à rallonge de mai ! Pour l’instant, les voitures circulent en Normandie, région très touristique en cette saison. Prudence donc si vous circulez du côté d’Evreux, dans l’Eure.

Le but de cette privatisation est de booster l’utilisation de voitures au matériel coûteux ! Jusqu’à présent, ces « mobiles-mobiles » étaient utilisées en moyenne 1h13 par jour. Théoriquement, elles vont pouvoir tourner jusqu’à 8 heures par jour, mais ce ne devrait pas être le cas dans la pratique. Selon certains, le nombre de flashs générés par ces autos va passer de 2 à 12 millions par an ! La mesure vise aussi à décharger les policiers et gendarmes de cette tâche. Evidemment, le sujet divise : les associations de sécurité routière applaudissent, les associations d’automobilistes crient au racket.

10 % de marge d’erreur

Tout le parc de voitures sera privatisé d’ici la mi-2019. Les automobilistes auront donc beaucoup plus de « malchance » de se faire flasher. La crainte du contrôle sera permanente. Mais au final, cela ne change rien à la situation actuelle, puisque même si elles sont peu utilisées, les voitures peuvent déjà vous flasher à n’importe quel moment et n’importe quel endroit aujourd’hui ! Il faut donc déjà surveiller en continu son compteur !

Il peut y avoir la crainte de dérapage lié à la privatisation. La verbalisation du stationnement à Paris en a fourni de multiples exemples ces derniers semaines, avec des sociétés qui ont pris des libertés dans le contrôle pour atteindre des quotas fixés par la Mairie. La Sécurité Routière se veut rassurante : ici pas de quotas. La société privée sera rémunérée aux trajets effectués, et non pas au nombre de PV. De plus, les routes surveillées seront déterminées par la Préfecture. Il y aura aussi une marge d’erreur de 10 %.