Après avoir dû composer avec quelques petits soucis d’Internet et un agenda universitaire très chargé, me voici de retour pour explorer l’univers de la performance extrême, une autre des facettes de la production automobile anglaise. Pour certains pilotes shootés à l’adrénaline, rien n’est assez pointu. Une supercar ? Trop coûteux pour les performances qu’elle délivre. Une GT ? Bien trop bourgeoise et peu à sa place sur circuit. Une Lotus alors ! Il y a de l’idée, mais c’est encore trop aseptisé. Non, pour ces gens-là, une marque s’impose : Radical. Le petit constructeur  anglais s’est spécialisé dans la réalisation de fusées terrestres, et le plus beau dans tout ça, c’est que certaines d’entre elles sont homologuées pour la route.

Petit historique

Dire que la marque est jeune est un euphémisme : c’est en 1997 que  Mick Hyde et Phil Abbott fondent Radical. Leur postulat de base est simple : faire une voiture de course utilisant la technologie des motos de Superbike. Au moment de la création de la marque, les fondateurs n’ont pas trouvé de compétition nationale répondant à leurs attentes. Quand beaucoup auraient baissé les bras, les deux Anglais ont tranquillement décidé de créer leur propre championnat, c’est aussi simple que ça ! Ils ont donc mis en place un calendrier avec des weekends de course pour les gentlemen drivers désirant s’ébattre sur piste au volant du premier modèle Radical, la Clubsport, motorisée par un moteur de moto.

Radical Clubsport (crédit : Los Barbados)

Radical Clubsport (crédit : Los Barbados)

Mais le succès étant au rendez-vous, et après le lancement réussi de la Prosport, Radical se lance un nouveau défi. Courir sur circuit c’est sympa, mais ce qui serait génial, ce serait de pouvoir repartir de la piste avec sa voiture et éviter de prévoir une remorque plateau pour chaque sortie. Ce sera possible dès 2002 avec le lancement de la SR3, première auto homologuée de la marque. En 2005, selon la philosophie du « toujours plus », Radical sort la SR8 qui embarque, je vous le donne en mille, un V8. 2013 verra l’arrivée du premier modèle coupé baptisé RXC. Entre 2006 et 2010, la marque a même participé aux 24H du Mans en catégorie LMP2 avec le prototype SR9 à moteur Judd.

La gamme actuelle

Pour simplifier un peu la chose, j’ai choisi de ne m’attarder que sur les modèles disponibles en France, via l’importateur officiel WS Compétition.

SR3 SL

58 200 livres hors taxe (81 596 euros au taux de change en vigueur à l’écriture de cet article). A ce niveau de prix vous pouvez vous offrir une Porsche 911 Carrera. Ou une Maserati GranTurismo. Ou encore une Jaguar F-Type R. Sinon, vous pouvez viser beaucoup, beaucoup plus haut en termes de performance, et opter pour une Radical SR3 SL (pour Street Legal). Vous vous retrouverez alors avec le strict minimum en matière de confort et d’homologation, vous ferez l’impasse sur un pare-brise et vous devrez sûrement calculer très soigneusement vos itinéraires pour ne croiser aucun ralentisseur. En contrepartie, vous êtes assurés d’avoir entre les mains un engin capable de déposer 99,9 % de la production automobile mondiale dès le premier enchaînement de virages ! La SR3 SL est propulsée par un 4-cylindres 2.0 Ford développant 300 chevaux et n’avoue que 775 kilos à vide sur la balance. La vitesse maxi s’établit à 259 km/h et le 0 à 100 ne réclame que 3,4 secondes. Plus impressionnant encore, passer de 100 km/h à l’arrêt complet demande seulement 2,67 secondes. Je vous laisse imaginer la compression de votre corps dans les harnais.

Radical SR3 (crédit : Paul Williams)

Radical SR3 (crédit : Paul Williams)

Extérieurement parlant vous êtes en présence d’une barquette échappée d’une course de côte. Forcément, la forme est dictée par la fonction et aucune considération de style n’a été prise en compte pour l’aspect final de la SR3 SL. Il est par exemple inutile de chercher les portières… il n’y en a pas. Ambiance garantie sans même avoir démarré le moteur ! Sachez qu’une version non homologuée pour la route, la SR3 RS, est aussi disponible.

SR8 RX

Si jamais la SR3 ne vous paraîtrait pas assez hardcore, il y a toujours la SR8. Il s’agit à peu près de la même voiture à cela près que l’aéro est encore plus développée et que le moteur est cette fois-ci un V8. Ce dernier est un peu particulier, parce qu’il est en fait le fruit de l’assemblage de deux moteurs de Suzuki GSX-R Hayabusa (une moto hypersportive du constructeur japonnais). Du coup il est extrêmement léger et peut hurler à plus de 10 000 trs/min. Les chiffres donnent le tournis : 430 chevaux pour 680 kilos, soit un rapport poids/puissance de 1,58 kilo par cheval (c’est mieux que l’Audi R8 vainqueur des 24H du Mans en 2005), accélération de 2,5 G en courbe… Assurément à ne pas mettre en toutes les mains ! Impossible de trouver une information fiable quant à une éventuelle homologation française de la bête, mais en Angleterre en tout cas, il suffit de cocher l’option phares et feux arrière pour pouvoir coller une plaque sur sa SR8 et arpenter les routes du pays.

Radical SR8 (crédit : nakhon100)

Radical SR8 (crédit : nakhon100)

RXC

Enfin, si vous voulez un toit à tout prix, tournez vous vers la RXC. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un prototype avec lequel vous pouvez aller chercher le pain. Le design est tellement extrême qu’il devient difficile de décrire telle ou telle partie de la voiture. L’aileron démesuré est bien évidemment réglable, la carrosserie est composée de multiples panneaux en fibre composite facilement remplaçables et les nombreux appendices aérodynamiques génères jusqu’à 900 kilos d’appui, ce qui équivaut à la masse de la voiture. Et ne vous y trompez pas : les portière papillons ne sont pas là pour le style, c’est simplement la solution technique la plus adaptée pour se glisser dans l’habitacle et enjamber le châssis tubulaire.

Radical RXC (crédit : Robert Stokes)

Radical RXC (crédit : Robert Stokes)

Radical RXC (crédit : Robert Stokes)

Radical RXC (crédit : Robert Stokes)

Pour l’heure, seule « l’entrée de gamme » (comprenez le plus petit moteur) à 94 500 livres hors taxe (132 371 euros) peut faire l’objet d’une immatriculation en France. Dommage me direz-vous ? Tout est relatif, parce qu’avec un V6 3.7 de 350 chevaux, on est loin de la voiture de monsieur tout le monde ! Toutefois on ne peut s’empêcher d’envier les Anglais et leur RXC Turbo emmenée par un V6 3.5 Ford EcoBoost produisant 450 chevaux. Cette dernière est tellement performante qu’entre les mains expertes des journalistes d’Evo UK, elle colle quasiment 1 seconde au tour à la McLaren P1 montée en Pirelli Trofeo, développés spécialement pour elle, sur le circuit d’Anglesey au Pays de Galles. Et tout ça alors qu’elle coûte presque un dixième de son prix !

L’excellent rapport prix/performance a rapidement fait la réputation de Radical, sur ses terres mais aussi à l’étranger. Au total, on compte quelques 1 900 propriétaires à travers le monde, un beau résultat compte tenu de la jeunesse de la marque et de la spécificité des modèles qu’elle propose.