Chantal Perrichon doit être surexcitée. Non pas par la neige. Mais la présidente de l’association « Ligue contre la violence routière » réclamait depuis des années une baisse des limitations de vitesse. Selon nos confrères du Point, son vœu serait en passe d’être exaucé. Matignon aurait donc validé une réduction de la limitation sur les départementales, de 90 à 80 km/h. La mesure concernerait les routes à deux voies qui n’ont pas de séparation centrale… soit une très large majorité du réseau secondaire du pays. Elle serait annoncée en début d’année prochaine, lors d’un conseil interministériel de la sécurité routière.

Pour se justifier, le gouvernement va sortir des arguments que l’on connaît déjà. Il mettra évidemment en avant la nécessité de réduire la mortalité routière, orientée à la hausse ces dernières années. 3477 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises en 2016, il devrait malheureusement y en avoir autant en 2017. Le gouvernement veut donc une mesure choc pour réduire le nombre d’accidents ou diminuer leur gravité.

Un test sans bilan !

Il compte aussi souligner qu’une baisse des vitesses, c’est moins de pollution et d’embouteillages. Une des explications serait aussi que cela ne changera rien sur beaucoup de portions, où l’on ne peut pas rouler à 80 km/h. Il suffit d’habiter dans les Landes par exemple pour se rendre compte du côté grotesque de cet argument. On rappelle d’ailleurs qu’au delà de la limitation, le conducteur doit surtout adapter son allure aux conditions de circulation. En clair, sur une départementale limitée à 90, si un virage serré se présente, on ne le passe pas à 90 ou à 80.

Le souci, c’est que la mesure ne semble basée sur rien de sérieux. Ses défenseurs se servent d’une ancienne étude scientifique selon laquelle 1 km/h en moins, c’est une baisse de 4 % de la mortalité. Mais beaucoup d’experts ont démontré le non fondement du calcul. Surtout, en juillet 2015, un test a été lancé sur plusieurs portions de départementales françaises. Il devait durer deux ans avec à l’issue un bilan pour voir si la baisse avait un impact. Mais il n’y a eu aucune communication, rien ne vient donc dire si cela a été utile !

On va donc se retrouver avec une généralisation forcée, sans fondement, sans nuance et sans consultation des Français.