Usager régulier de la route, excédé par la répression automatisée, soucieux de prévenir les autres automobilistes d’un danger, … pour un peu que vous fréquentiez les réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook, vous n’avez pas pu échapper au phénomène d’entraide avec ces pages et groupes signalant les contrôles des forces de l’ordre sur la route et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de vitesse.

Un procès en pleine hypocrisie

Le 27 mai dernier, ce milieu a été sévèrement bousculé par le procureur de la république d’Aveyron (12). M. Yves Delpérié a déclaré qu’il voulait « tuer dans l’œuf » les groupes Facebook antiradar existant sur le célèbre site américain ! A la suite de cela, ce sont quinze membres du groupe « Le groupe qui te dit ou est la police en Aveyron (12) » qui ont été convoqués le 9 septembre au tribunal de Rodez pour « soustraction à la constatation des infractions routières » ! Huit l’ont été également pour « outrage » suite à des propos peu respectueux envers les gendarmes…

groupe facebook antiradar aveyron

Entre le buzz médiatique et judiciaire provoqué par ce procureur « zélé », le groupe en question a dépassé les 10 000 membres…

Une véritable surprise, alors qu’entre automobilistes des moyens de communication ont toujours existé pour signaler policiers et gendarmes (CiBi, appel de phare, radio, presse, … et les « assistants à la conduite » !).

Jusqu’à 4 mois de suspension et 500 € d’amende ?

A l’issue de l’audience, le juge demanda, selon les cas, de 2 semaines de suspension de permis et 300 € d’amende, jusqu’à 4 mois de suspension et 500 € ! Quand on sait qu’utiliser un détecteur de radars revient à 6 points en moins sur le papier rose et 1 500 € d’amende, c’est à rien y comprendre…

D’ailleurs, les avocats des membres du groupe Facebook de signalement de radars – entre autres dangers – ont souligné les nombreuses incohérences de l’affaire. Que dire des boîtiers Coyote utilisés dans nos voitures ? Que dire des radios annonçant des contrôles, de l’hebdomadaire AutoPlus publiant les « planques » des boîtes à images, … ? Le meilleur étant que certains gendarmes diffusent sur leurs propres pages Facebook officielles (Yvelines, Var, …) des annonces lorsque des contrôles sont prévus !

Au final, en fin de journée le verdict n’a pas été rendu. Il est mis en délibéré jusqu’au 3 décembre 2014 à 14 heures. Un élément qui laisse penser que le procureur Delpérié pourrait perdre la bataille !

A suivre…

Via L’équipement et L’argus