Les instances européennes débattent âprement autour des objectifs d’émissions de dioxyde de carbone en 2020. Un précédent accord entre les pays membres de l’Union Européenne avait fixé cet objectif à 95 g de CO2 par kilomètre en 2020. Toutefois, l’Allemagne, lors d’une rencontre entre les différents ministres de l’environnement européens, a remis en cause cet accord.

parlement europeen

L’Allemagne a rallié à sa cause sept autres pays (Estonie, Hongrie, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni et Slovaquie). Les autorités allemandes souhaiteraient un report de 4 ans, soit en 2024, de la mesure. L’Italie et le Danemark se sont fermement opposés à ce report tandis que la France et l’Espagne se sont abstenues.

Le ministre de l’environnement allemand met en avant le fait que la situation de l’Union Européenne est toujours fragilisée par la crise et que cet objectif de 95 g serait de nature à fragiliser l’économie de l’industrie automobile.

Si les autorités allemandes sont soupçonnées de céder à la pression des lobbys des constructeurs allemands (la CDU, parti de la chancelière Angela Merkel, est activement soutenue par la famille Quandt, actionnaire référence de BMW), il ne faut pas non sous-estimer les changements importants auxquels devront faire face les acteurs de l’industrie automobile dans les prochaines années, outre l’application des nouvelles normes Euro 6.

BMW M5 M6 X5M

En effet, les constructeurs devront homologuer leurs véhicules suivant un cycle différent. Le tant décrié NEDC, parce qu’il donne des consommations très éloignées de la réalité, doit être remplacé par le WLTP d’ici 2017. Or, les spécifications de ce dernier ne sont toujours pas finalisées.

D’autre part, de nombreuses discussions sont toujours en cours concernant les différents avantages dont peuvent bénéficier les constructeurs pour baisser artificiellement les rejets de CO2 : l’allocation de supercrédit (un véhicule émettant moins de 50 g/km compte pour plus d’un véhicule), les éco-innovations (réduction allant jusqu’à 7 g/km et n’ayant pas d’influence sur le cycle d’homologation – Audi a par exemple la possibilité de déduire 1 g/km pour chaque véhicule équipé de feux à LED) et la pondération en fonction du poids d’un véhicule.

Mercedes-Benz S 63 AMG (V 222) 2013

Tous ces points restent encore au stade des discussions et tant qu’ils le restent, fixer un objectif de 95 g de CO2 par kilomètre à l’horizon 2020 ne signifie finalement pas grand chose. Un point que n’auront pas manquer de souligner les partisans souhaitant un report de cette mesure.