Les radars tronçons. Ces boîtiers qui sont apparus en 2012 après les cabines classiques sont aussi appelés radars de vitesse moyenne, car ils calculent sur une distance donnée l’allure d’un véhicule et délivrent un PV si la limitation en vigueur est dépassée. Là où cela se complique, c’est qu’ils flashent toutes les voitures sans exception, même si elles ne sont pas en infraction. Explications.

Des renseignements enregistrés à chaque passage

La cinquantaine de radars tronçons actifs (54 au 1er octobre 2013 selon securite-routiere.gouv.fr) sur le réseau routier français posent problème sur leur utilisation de fichiers informatiques. En effet, au lieu de flasher à un point précis, ils opèrent un contrôle automatique et systématique en deux points distants d’une même voie de circulation. Comme le souligne la CNIL, « la mise en œuvre des radars tronçons implique nécessairement la collecte de données relatives à l’ensemble des véhicules qui circulent sur la section contrôlée, et non aux seuls véhicules en infraction« . C’est donc un fichier de renseignements pour chaque auto passant devant les caméras avec flash infrarouge (invisible à l’œil nu) qui est constitué.

Pour chaque radar de vitesse moyenne, deux contrôles sont réalisés

Pour chaque radar de vitesse moyenne, deux contrôles sont réalisés sur le tronçon en question. Le 1er au début et le 2ème à la fin du segment

On peut se demander qu’est-ce qui est enregistré dans les disques durs de ces appareils (des Mesta 5000 Smart de la société Morpho faisant partie du groupe Safran, ex-Sagem) au bord des routes ? Il s’agit d’un cliché du véhicule (avec son immatriculation bien évidemment) et des passagers, du lieu, de la date précise et de la voie de circulation. En cas de PV, le tout est envoyé à Rennes au centre national de traitement (CNT).

Utilisation des données et sécurisation en question

Alors évidemment, on peut craindre que toutes ces informations récoltées à longueur de journées soient utilisées à d’autres fins. L’automobiliste serait-il fliqué sur ses déplacements ? La CNIL indique à ce sujet que seules les autorités judiciaires, les forces de l’ordre, les sociétés de location de véhicules et les sociétés mettant des véhicules à disposition peuvent y avoir accès en cas d’infraction uniquement.

Par ailleurs, le gendarme des données personnelles demande que les radars tronçons conservent au maximum pendant 24 heures les fichiers et que les disques durs soient chiffrés pour compliquer le travail d’éventuels voleurs…

Inutile de dire que tout cela ne semble pas très rassurant en plus du fait de se faire contrôler sur plusieurs kilomètres… La technologie n’en finit plus de séduire la Sécurité Routière avide de répression que l’on devrait renommer en Sécurité Rentière !