Il y a quelques jours, Opel a annoncé qu’il dévoilerait au Salon de Genève la GT Concept. Si un modèle de série est proposé, ce qui est fort probable, ce sera la troisième auto de la marque qui adoptera ce nom, après celles de 1966 et 2006.

Fait étonnant, alors que des bisbilles entre constructeurs à propos de noms identiques ou trop proches ont déjà marqué l’histoire de l’automobile, le badge GT est utilisé par une foule de marque, pas seulement pour des noms de finitions. De nombreuses autos se sont appelées GT, et vont le faire de nouveau.

D’une catégorie…

Il est plutôt curieux de ne pas chercher à se distinguer dans une masse de plus en plus fournie, surtout quand on considère que le symbole est presque banalisé à force d’être mis à toutes les sauces. Mais il faut reconnaître que ce label est encore associé à tout un imaginaire sportif dans l’esprit de chacun, notamment des plus novices qui peuvent alors rêver à la simple écoute de ces deux lettres.

Logo Opel GT Concept Bentley Continental GT Logo Renault Mégane GT

A la base, GT renvoie plutôt à une catégorie d’automobile, les « grand tourisme », avec pour origine italienne « gran turismo ». Les GT sont les modèles à petite diffusion qui combinent au mieux sport et luxe. Leurs performances sont décoiffantes, les sensations au rendez-vous, mais l’emballage est soigné et opulent. Vous devez avoir en tête un gros moteur, une profusion de cuir et aux commandes un gentleman driver.

Evidemment, avec l’évolution et la multiplication des offres, les GT ont pris différents aspects et il est difficile d’en faire en 2016 une définition très précise. On pourra glisser dans les exemples aussi bien des coupés à l’image de la Bentley Continental GT que des limousines fort bien motorisées, comme l’Aston Martin Rapide.

… aux finitions…

Malheureusement, pour les marques qui revendiquent à raison et légitimement l’esprit GT, les constructeurs généralistes se sont emparés du label pour nommer des finitions nettement plus populaires. Le plus souvent, il est question de sportives « light », positionnées en-dessous de la vraie version délurée.

Renault Megane GT Logo Peugeot 308 GT Toyota GT 86

On pense ainsi à ce que propose Peugeot ou Renault, avec des GT en guise d’avant-goût aux GTi et RS. Pire, le logo peut se retrouver largement diffusé avec le pack look éponyme, forcément tentant quand il n’est pas onéreux (par exemple 600 € sur la Clio). Que les passionnées ne houspillent pas ces Français, car des firmes prestigieuses font aussi du mal au label, notamment BMW qui la greffé sur des Série 3 et 5 difformes.

Mais l’aspect le plus visible du nom GT, c’est par là que nous avons commencé cet article, c’est lorsqu’il désigne un modèle. Et il est étonnant de voir la diversité de marques qui le font. En exagérant un peu, c’est comme si plusieurs constructeurs utilisaient 911, 308 ou Espace. D’ailleurs, cela ne passerait pas. Mais pour GT, c’est open-bar !

… en passant par les modèles.

L’histoire des sportives automobiles a ainsi connu la Ford GT, d’abord « 40 » en 1964 en rapport à sa hauteur de 40 pouces, mais GT tout court depuis sa renaissance dans les années 2000. Je cite à nouveau les Opel avant de penser plus récemment à l’Alfa Romeo GT, sortie en 2003. Chez Toyota, GT est associé à un nombre (2000 en 1967 et 86 en 2013). Les homonymies ne manquent pas mais cela n’a pas empêché Mercedes et AMG de nommer eux-aussi leur nouvelle diva GT en 2014 (celle qui a pris la relève « spirituelle » de la SLS).

Ford GT

Magazin Mercedes-AMG GT

Alfa Romeo GT

L’inventaire des GT est loin d’être complet, ce qui prouve l’attractivité indémodable de cette association de lettres. Personnellement, je la trouve vide de sens à force d’être apposée sur de trop nombreuses carrosseries. « T’as une GT ? Cool ! Euh oui, mais laquelle ? ». Je reconnais évidemment que les propriétaires de GT ne prêteront guère attention à cette redondance.