Le Japon, pays du soleil levant et des pneus fumants, a produit quelques-unes des voitures sportives les plus mythiques qui soient pour la génération Gran Turismo dont je fais partie. Si vous n’avez jamais joué à GT sur Playstation, qu’attendez-vous ?! Filez faire des tours de circuit et revenez après lire cet article. Avec la minisérie Big in Japan (titre d’une très belle chanson d’Alphaville, au passage), je vous propose une petite rétrospective non exhaustive des modèles qui ont marqué l’histoire de l’automobile sportive au Japon. Un point commun à toutes les voitures sélectionnées ? Un potentiel de préparation hors du commun.

Nissan Skyline GT-R R34 R-Tune (crédit : aclasschris)

Nissan Skyline GT-R R34 R-Tune (crédit : aclasschris)

Commençons donc par l’une des sportives nippones les plus connues, celles que les Japonais appellent Godzilla en signe de respect : la Nissan Skyline GT-R. On s’intéresse aujourd’hui plus particulièrement à la génération R34 dont le succès a dépassé de loin les frontières de son pays natal, bien qu’elle n’ait été officiellement importée qu’au compte goutte en Angleterre et en Australie. Que ce soit dans des films comme Fast and Furious ou dans des jeux vidéo comme Gran Turismo ou Need For Speed, en tant qu’amateur d’automobiles vous avez forcément vu, au moins une fois, une GT-R.

Esthétiquement parlant

Vous voyez ce parpaing à l’aspect fort peu aérodynamique ? C’est la Skyline GT-R. Regard froncé, multiples entrées d’air sur la face avant, ailes copieusement élargies par rapport au coupé Skyline de série, aileron fixe… Une boule de nerf qui ne cache en rien son envie d’en découdre. Forcément, comparé aux standards actuels du design, le trait a un peu vieilli. L’aspect très carré détonne et rappelle que l’on est en présence d’une voiture d’une quinzaine d’années. En tout cas une chose est sûre, malgré son âge elle en impose toujours !

Nissan Skyline GT-R R34 (crédit : Tennen-Gas)

Nissan Skyline GT-R R34 (crédit : Tennen-Gas)

Nissan Skyline GT-R R34 (crédit : Tennen-Gas)

Nissan Skyline GT-R R34 (crédit : Tennen-Gas)

L’intérieur n’est pas très recherché et se contente de l’essentiel, à une exception près : l’écran multifonction juché sur planche de bord. Véritable mine d’information, il permet d’afficher en temps réel la pression des turbos, la pression exercée sur la pédale d’accélérateur, la charge des injecteurs exprimée en pourcentage et j’en passe. Toutes les fonctions vitales de la voiture sont ainsi sous les yeux du conducteur, à tout moment.

Et sous le capot ?

Tout fan de Skyline vous dira évidemment que le RB26DETT est le meilleur moteur jamais produit. Bien, et si on décortiquait ce sigle au lieu de jouer les fanboys ? Chez Nissan, RB indique que l’on est en présence d’un moteur 6-cylindres en ligne essence. 26 se traduit par une cylindrée de 2.6 litres, D indique la présence d’un double arbre à cames en tête (DOHC en anglais) et E que l’injection est électronique, pas de carburateur ici. TT ne veut pas dire Tourist Trophy mais bien Twin Turbo. Le moteur est en effet équipé de deux turbocompresseurs montés en série. Le RB26 était vendu pour 280 chevaux, puissance maximale autorisée par la législation japonaise de l’époque pour une voiture particulière. En pratique, il développe autour des 330 chevaux et un peu moins de 400 Nm de couple d’origine.

Le moteur six-cylindres de la Nissan Skyline GT-R R34

Le moteur six-cylindres de la Nissan Skyline GT-R R34

Si les chiffres paraissent costauds, il ne faut pas oublier que la R34 GT-R est lourde. Annoncée à 1 540 kilos à vide, le poids dépasse en réalité allègrement les 1 600 kilos en ordre de marche. Un tel embonpoint s’explique par la technologie embarquée de très haut niveau. La transmission intégrale n’est pas permanente et renvoie le couple aux roues avant quand le besoin s’en fait sentir. Une option baptisée Active LSD (différentiel à glissement limité actif) permet en sus de répartir le couple entre les roues arrières de manière à optimiser encore plus le passage de la puissance au sol. C’est cette technologie (ATTESA ET-S Pro de son vrai nom) qui a beaucoup contribué au succès de la Skyline GT-R en lui conférant des performances dynamiques insoupçonnées.

Quand on s’énerve dessus

Quasiment tous les grands noms de la préparation japonaise se sont penchés sur le cas de Godzilla. Pour n’en citer que quelques-uns, HKS, JUN, Tommy Kaira ou encore Mine’s ont proposés leur vision de la Skyline. La barre des 1 000 chevaux a été franchi plus d’une fois, tant la conception du moteur permet une marge d’évolution. Bien sûr, les puissances indécentes atteintes ont nécessité de revoir le bloc en profondeur, avec bien souvent une augmentation de cylindrée et le passage en single turbo, de manière à fiabiliser l’ensemble.

Un modèle mythique

Parmi toutes les préparations, difficile de n’en retenir qu’une seule. Au final, et après avoir hésité avec la monstrueuse Amuse Carbon R, mon choix se porte la Skyline GT-R Nismo Z-Tune. Et oui, le département course de Nissan s’est aussi livré à l’exercice ! En 2005, Nismo a racheté 20 Skyline GT-R R34 en parfait état et avec moins de 30 000 kilomètres au compteur. Après un travail de développement intense, le bloc passe à 2.8L et développe plus de 500 chevaux pour 540 Nm de couple. Un joli bond en avant comparé aux chiffres d’origines ! Du carbone est utilisé pour le capot mais également l’arbre de transmission, les suspensions ont été développées spécialement pour la voiture par Sachs et Brembo a fourni les freins (6 pistons et 365 mm de diamètre à l’avant, 4 pistons et 355 mm à l’arrière).

Nissan Skyline GT-R R34 Nismo Z-Tune (crédit : Avyalikov)

Nissan Skyline GT-R R34 Nismo Z-Tune (crédit : Avyalikov)

La lignée

Le coupé Skyline existe depuis la fin des années 1960 au Japon, alors que la berline a démarré en 1957 sous la marque Prince. La toute première Skyline à avoir arboré le badge GT-R fut la C10 en 1969. Surnommée Hakosuka (« Hako » signifiant « boîte » et « suka » étant un diminutif de « Skyline ») en raison de sa forme très carrée, elle proposait déjà 160 chevaux tirés d’un 6-cylindres en ligne de 2L. Toutefois la version qui a réellement contribué à faire entrer les Skyline dans la légende est la R32 produite entre 1989 et 1994. R32, R33 et R34 ont ainsi marqué les années 1990 et 2000 par leur technologie de pointe et leur bloc moteur largement surdimensionné permettant aux tuners de s’en donner à cœur joie. En 2007, Nissan a enfin répondu à la demande de très nombreux fans : la GT-R R35 (ne l’appelez plus Skyline) est officiellement importée ! Motorisée par un V6 biturbo qui est passé de 480 au lancement à 550 chevaux aujourd’hui (voire 600 pour la Nismo), elle reste une base très prisée des préparateurs de l’archipel mais également par les Anglais comme Litchfield.

Nissan Skyline GT-R C10

Nissan Skyline GT-R C10

La Nissan Skyline GT-R R34 en quelques chiffres

  • Moteur : 6-cylindres en ligne biturbo, 2.6L
  • Puissance : administrativement 280 ch, en réalité environ 330 ch
  • Couple : environ 400 Nm
  • Poids : 1 540 kg à vide
  • Prix au lancement (au Japon) : non trouvé